Une troisième phase consacrée à l’accompagnement des agriculteurs et à la valorisation des produits locaux.
Entre juillet 2025 et juillet 2026, Xylm a mis en œuvre la troisième phase du projet « Transition agroécologique et valorisation des productions agricoles dans la province de Séfrou ». Cette phase avait pour objectif d’accompagner les acteurs agricoles locaux face aux difficultés environnementales, techniques et économiques rencontrées sur le territoire.
Dans la province de Séfrou, l’agriculture familiale représente une source importante de revenus et d’alimentation pour de nombreux ménages ruraux. Elle est cependant fragilisée par la diminution des précipitations, l’augmentation des températures, la rareté de l’eau, la dégradation des sols et les difficultés d’accès à des débouchés économiques stables.
Face à cette situation, le projet a développé une approche associant plusieurs dimensions :
- la plantation d’arbres fruitiers ;
- le renforcement des compétences techniques des agriculteurices ;
- la sensibilisation à l’agroécologie ;
- la structuration des coopératives ;
- l’identification de débouchés pour les produits locaux ;
- la sensibilisation des jeunes et des consommateurices.
Les activités ont été conduites dans plusieurs communes et douars de la province, notamment à Ighzrane, Tazouta, Al Anoucer, Aadachar, Asrana et Bni Mekoud.
6 780 arbres plantés auprès de 68 agriculteurices.
La plantation d’arbres fruitiers constitue l’une des principales réalisations de la troisième phase. Au total, 6 780 arbres ont été plantés auprès de 68 agriculteurices de la province de Séfrou.
Les plantations comprennent :
- 5 032 oliviers ;
- 956 caroubiers ;
- 732 figuiers ;
- 60 cerisiers.
Le nombre de bénéficiaires a progressivement augmenté au cours du projet. Initialement, la phase 3 prévoyait d’accompagner 30 agriculteurices. Ce nombre avait ensuite été porté à 50 bénéficiaires au moment de la préparation des formations. À la fin de la phase de plantation, les informations disponibles faisaient finalement état de 68 agriculteurices concerné·es.
La plantation d’arbres répond à plusieurs objectifs. Elle doit permettre de diversifier les cultures et les sources de revenus, de renforcer la résilience des exploitations face au changement climatique et de favoriser des systèmes agricoles plus durables. Les oliviers, caroubiers, figuiers et cerisiers pourront également contribuer, à terme, à la protection des sols, à la réduction de l’érosion et à une meilleure valorisation des parcelles agricoles.
Les effets de cette activité ne peuvent toutefois pas être évalués immédiatement. La reprise des plants, leur croissance, leur production future et leur contribution à l’amélioration des sols nécessiteront plusieurs années d’observation. L’entretien des arbres représente donc un enjeu essentiel pour assurer la pérennité de l’investissement réalisé.
Une formation pratique sur la plantation et la gestion des sols.


Une formation technique a été organisée le 26 février 2026 avec la coopérative AKALECO, membre du Réseau des Initiatives Agroécologiques au Maroc (RIAM). Cette session, qui a réuni quinze agriculteurs, a été organisée selon une approche participative de type « école au champ », reposant sur les démonstrations pratiques, les observations de terrain et les échanges entre les participant·es. La formation a été animée en darija afin de garantir une bonne compréhension des contenus.
Plusieurs thèmes ont été abordés :
- les principes fondamentaux de l’agroécologie ;
- la préparation des trous de plantation ;
- la gestion de la fertilité des sols ;
- la protection de la structure du sol ;
- la conservation de l’eau ;
- les pratiques adaptées aux conditions climatiques de la province.
Les participant·es ont montré un intérêt important pour les techniques présentées et ont exprimé leur volonté de les appliquer dans leurs parcelles arboricoles.
Les observations réalisées par la suite ont toutefois montré des niveaux d’application variables. Certains agriculteurices ont bien intégré les pratiques proposées, tandis que d’autres ne les ont appliquées que partiellement. Ce résultat montre qu’une formation ponctuelle ne suffit pas toujours à garantir une transformation durable des pratiques. L’accompagnement des agriculteurices doit idéalement associer plusieurs étapes : formation initiale, supports pédagogiques, démonstrations, échanges entre producteurices et suivi régulier des parcelles.
Une journée de restitution avec les coopératives et les institutions marocaines.
Les activités scolaires se sont conclues par un événement de restitution organisé le 3 juin 2026 au collège Sidi Boumediane. Cette journée a réuni une centaine de personnes, les élèves, les enseignant·es, des représentant·es institutionnels (ministère, consulat de France, Agences gouvernementales…) et plusieurs coopératives locales.
Les élèves ont présenté les travaux réalisés pendant le programme et les connaissances acquises lors des séances et de la sortie à la ferme. Quatre coopératives ont participé à l’événement et ont présenté différents produits du territoire, notamment du couscous, des confitures, des olives et d’autres produits transformés. une occasion de présenter leurs produits, d’expliquer leur travail et d’échanger directement avec de potentiels consommateurs.
Cette rencontre a permis de rapprocher plusieurs publics qui n’ont pas toujours l’occasion d’échanger directement : élèves, familles, producteurices, coopératives, enseignant·es et institutions. Elle a également permis de sensibiliser les participant·es à l’importance de la consommation de produits locaux et à la diversité des savoir-faire présents dans la province de Séfrou.


Des résultats à consolider dans la durée.
La troisième phase du projet a permis de produire plusieurs résultats concrets :
- 6 780 arbres fruitiers plantés ;
- 68 agriculteurices concerné·es par les plantations ;
- environ quarante participant·es aux groupes de discussion ;
- quinze agriculteurices formé·es aux pratiques agroécologiques ;
- environ 100 coopératives recensées ;
- environ 60 acteurs de l’agrotourisme identifiés ;
- plusieurs activités éducatives menées avec les élèves dont une visite de ferme agroécologique ;
- un échange scolaire franco-marocain ;
- une journée de restitution réunissant élèves, institutions et coopératives.
Ces résultats constituent des bases utiles, mais leurs effets devront être observés dans la durée. La croissance des arbres, l’évolution des pratiques agricoles et le développement de nouveaux débouchés économiques ne peuvent pas être mesurés immédiatement.
La continuité dépendra notamment de la capacité des agriculteurs à entretenir les plantations, de l’accompagnement proposé par les acteurs techniques et de la mobilisation des coopératives.
Les bases de données constituées pourront également continuer à être utilisées dans de futurs projets, notamment pour faciliter la mise en relation des producteurs avec les cantines scolaires, les consommateurices et d’autres partenaires économiques.
La troisième phase laissera ainsi plusieurs acquis concrets dans la province de Séfrou : des arbres plantés, des producteurs accompagnés, des jeunes sensibilisé·es, des coopératives identifiées et des collaborations engagées avec des acteurs agricoles et académiques.
Projet soutenu par La ville de Rennes (Fonds d’aide au développement), la Région Bretagne et le Conseil Départemental d’Ille-et-Vilaine, et le Conseil provincial de Sefrou

