La Région Bretagne a organisé ce vendredi 6 février 2026 une journée thématique à Quimper rassemblant les acteur·ice·s locaux·les de la solidarité internationale. L’objectif affiché étant de réunir pour fédérer, dans un contexte consensuellement qualifié de « crise du secteur ».
Durant la matinée, nous avons pu assister à différentes discussions mêlant acteur·ice·s institutionnels et associatifs. Ils ont relevé les enjeux actuellement rencontrés par la solidarité : la baisse des financements, le repli identitaire, l’accroissement des tensions internationales et l’aggravation des risques d’intervention dans les contextes de crises.
Dans ce durcissement des conditions d’action, le secteur semble s’accorder pour ne pas baisser les bras, et chercher des solutions novatrices. La question de l’union, de faire « ensemble » est revenue à de nombreuses reprises. Le fait de s’organiser en réseau, en réponse à cette montée du nationalisme et de l’individualisme, apparaît comme nécessaire pour perpétuer nos activités. La notion de « réciprocité » est également revenue, démontrant une sensibilité envers l’horizontalité dans l’action (en opposition aux chaînes d’aide « verticales » plus classiques). Enfin, se tourner vers les futures générations, ouvertes à la sensibilisation voire demandeuses de plus de sens dans leurs aspirations professionnelles, semble une voie pertinente à explorer.
L’après-midi s’est déroulé en différents ateliers : « Comment intégrer la question de l’égalité en tant qu’acteur de la solidarité » « Comment animer des actions d’Éducation à la Citoyenneté et Solidarité internationale (ECSI) sur le territoire ? » et « Comment développer des projets multi acteurs ? » au cours duquel Quentin Coquillaud (salarié de Xylm) est intervenu, auprès d’Agnès Bénaïd (CFSI), Sophie de La Bassetière (pS-Eau) et Alisée Pornet (AFD). Au-delà des rappels des programmes et fonds de financements proposés par ces institutions, plusieurs conseils pour « mieux agir », ou en tout cas, différemment, ont été distribués.
L’ouverture, ne pas s’enfermer dans ses certitudes, établir des cercles de dialogues, ne jamais négliger les moments informels, communiquer ses difficultés au collectif, essayer de nouvelles choses (et en cas d’échec, capitaliser dessus). Identifier les convergences et les divergences, agir en pluri-acteur·ice·s (donc des acteur·ice·s de différentes natures), reconnaître les « personnes passerelles » qui seront en mesure de fédérer, une fois formées, faire avec et pas faire pour, et enfin s’adapter constamment au contexte qui change d’un territoire à un autre, mais aussi au sein d’un même territoire, au fil du temps.
D’un point de vu institutionnel, l’AFD s’est exprimée sur la nature des projets les plus « tendance » à financer. Les thématiques sur lesquelles l’agence investi sont les ODD, la mobilisation des jeunes, la question du genre et le réchauffement climatique. Ce quadriptyque assez généraliste semble englober presque tout le secteur, y compris nos actions, chez Xylm.
Actions, qui ont d’ailleurs été développées par Quentin, ainsi que notre approche, lors de sa prise de parole, donc le fait de d’abord soutenir les projets des autres, dans le cadre de coopérations décentralisées et de mettre en place des animations territoriales. Un de nos objectifs étant de porter des projets multi-acteur·ice·s faisant le lien entre les enjeux de solidarité locaux et internationaux, dans une double perspective de décloisonnement entre SI et ESS, et d’apports réciproques. L’enjeu étant de rééquilibrer les rapports des initiatives de coopération, et ce en s’appuyant sur des liens existants. En effet, la méthodologie d’action de Xylm passe d’abord par la construction d’un partenariat solide, et ensuite par le montage d’un projet. Ce positionnement est novateur, puisqu’il inverse le sens de la logique classique de l’aide, et semble s’inscrire dans la volonté de renouveau du secteur.
En sommes, les discussions ont été enrichissantes, et ont permis à différents acteur·ice·s, lié·e·s par les enjeux communs au secteur, de se rencontrer et d’échanger. Nous sommes très heureux·se d’avoir pu y assister, et nous remercions La Région Bretagne pour l’invitation.

